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Interview Hapsatou Sy by Hustle Innovation : « Un entrepreneur qui réussit sans avoir échoué, ça n’existe pas ! »

Hustle Innovation est partie à la rencontre de l’entrepreneure Hapsatou Sy. Elle nous raconte en toute sincérité ses réussites et ses échecs (apprentissages).  Partie de rien, comme l’intitulé de son livre, elle a su gagner sa place et démontrer « que la vie appartient à ceux qui se lèvent tôt mais surtout à ceux qui le décident ».  Découvrez ce parcours unique, apprenez de la persévérance d’une femme, d’une maman, d’une entrepreneure ! #Hustle#

Peux-tu te présenter ?

Je m’appelle Hapsatou Sy je suis entrepreneure dans les cosmétiques depuis 2005. Ma nouvelle initiative  entrepreneuriale à démarré en 2013 après mon premier échec, après cette première expérience qui a duré 8 ans. Je suis également jeune maman et en même temps animatrice de télévision et chroniqueuse.

Quel a été le déclic entrepreneurial ?

L’histoire de mon père a été le déclic ça c’est clair ! J’ai vu mon papa se battre pour qu’on ait un avenir meilleur, je pense que l’image que j’ai de mon père, c’est la même image que plein de jeunes ont de leurs propres parents. Nos parents qui ont tout quitté pour nous offrir une autre jeunesse, une vie différente de celle qu’ils ont vécue. De voir mon père se lever tous les matins pour aller gagner son SMIC avec cette fierté, cette dignité et de manière respectable…parce qu’il gagnait son argent et arrivait à nourrir toute sa famille : il est là mon déclic entrepreneurial. C’est là que je me suis dit : » j’ai envie de rendre fier mon papa! » Et surtout quand il m’a raconté comment il est arrivé en France et comment il a souffert dans ce périple qui a été le sien pour arriver ici,  je me suis dit : « je dois honorer le parcours de mon papa, je dois réussir ». Et ça a été le déclic.

Peux-tu nous raconter tes débuts? As-tu bénéficié d’aides par exemple?

J’ai démarré en 2005 même si j’avais commencé à réfléchir sur le projet en 2004. Je n’ai pas eu beaucoup d’aides mais c’est un peu de ma faute car j’ai un vilain défaut c’est que je suis impatiente. Quand je voyais la paperasse administrative que représentait ces aides… je me suis vite découragée.. je me suis dis je m’en fous…si je dois galérer je vais galérer mais je ne vais pas m’arrêter là. Ça c’est compliqué, la banque c’est compliqué, tout est compliqué j’ai décidé de lancer ma boîte sans aide au départ. Au démarrage,  j’étais déjà en état de cessation de paiement car j’avais un petit budget . Il me fallait 10 fois plus :  en gros j’avais  30000 € il me fallait 300000 € pour ouvrir mon salon. J’ai acheté mes meubles au prix le plus accessible possible, j’achetais également mes produits et j’ai démarré j’avais plus 1 € pour rendre la monnaie donc c’était compliqué au départ et c’est là que je me suis rendu compte qu’il n’y a pas d’école pour être entrepreneur. On a envie de changer sa vie, on a envie d’y aller, on a cette folie en soi qui fait qu’on est prêt à déplacer des montagnes. On a conscience, un peu comme le sportif de haut niveau, qu’on ne va  pas gagner toutes les compétitions. On sait que ça va être difficile mais on y va parce que on a envie d’y aller, de réussir, parce qu’on a envie de de changer sa vie. J’ai démarré un peu avec le système D, j’ai fait mon étude de marché dans la rue, rue de Rivoli, je posais des questions sur ma marque, sur les prix etc… J’ai constitué mon business plan non pas à l’arrache mais avec un style qui était le mien, le système de la débrouille. Le business plan a été fait à ma manière mais au moins il a été fait. Donc non pas trop d’aides au départ je sais qu’elles existent et il faut les chercher.

Quelle vision as-tu sur l’entrepreneuriat ?

Un entrepreneur qui réussit sans avoir échoué ça n’existe pas ! Dans la vie,en règle générale, sans même être entrepreneur dans le sens « entreprise » on ne peut pas réussir sans échouer. Parce que la réussite passe forcément par le fait d’essayer et quand on essaie on atteint pas son but du premier coup. On ne réussit pas du premier coup, on se plante et c’est normal. Tous ces échecs sont bien résumé dans une phrase que j’ai entendue récemment d’une femme assez incroyable qui dit :  « l’échec c’est une réussite différée » je trouve que c’est vrai et cette image est très forte. On doit passer par un certain nombre d’échecs ou d’épreuves, appelez ça comme vous voulez, pour atteindre son objectif. Finalement quand on réussi de manière trop facile, sans avoir échoué, on apprécie pas de la même manière le travail qui a été effectué. L’échec c’est quelque chose qui est montré du doigt, surtout en France, pas dans la culture anglo-saxonne où on va vous dire « un échec c’est formidable : Recrutez la personne qui a vécu l’échec plutôt que celle qui ne l’a pas vécu ». Dans la culture française, la plupart des gens qui veulent entreprendre mais qui ne le font pas c’est souvent parce qu’ils ont peur d’échouer et d’être montré du doigt. Or si tu as échoué c’est que tu as essayé donc c’est que tu es courageux et c’est ça qu’il faut saluer! Mon échec à moi a été la liquidation judiciaire en 2013. Cette expérience a été un échec difficile mais ultra formateur et je pense la meilleure chose qui me soit arrivée dans ma vie d’entrepreneuriale.

Si tu as trois conseils à donner aux entrepreneurs, quels sont-ils ?

Lire mon livre! (Rire). Si je devais donner 3 conseils, je dirais :
1. Il y a des choses à écouter et il y a des choses à entendre et c’est bien différent. 
2. Entre la médiocrité et l’excellence il y a le détail. Soyez toujours sensible au détail et essayez de créer une expérience différente pour votre client, un effet Waouh à chaque fois. C’est fondamental!
3. Croyez en vous! Les doutes sont normaux mais les doutes qui sont les vôtres. Quand les gens viennent pour donner plein de conseils c’est bien. En général ceux qui sont les plus généreux en conseils, c’est ceux qui n’ont jamais entrepris et qui n’ont jamais essayé ce que  vous êtes en train de faire. Il faut écouter la critique constructive mais il faut pas non plus se laisser décourager par des gens qui n’ont pas forcément votre courage et qui vont vous donner des conseils sur des moments qu’ils n’ont jamais vécus. Croyez en vous ! Dites-vous que le rêve est possible et qu’il n’y a que les fous qui réussissent. 

Comment la marque Hapsatou Sy jongle avec le digital ?

On se présente comme une boîte 2.0, on parle de beauté 2.0. On est très connectés, notre communication se fait à 90 % sur les réseaux sociaux. C’est absolument essentiel, aujourd’hui pour pouvoir échanger avec nos clients et se positionner au même niveau qu’un grand groupe, on a cette force d’avoir les réseaux sociaux. Une petite marque peut faire plus de buzz  qu’une grosse marque qui aurait dépensé des millions pour faire sa communication. Aujourd’hui on salue la créativité, c’est l’ère du digital. On est très connectés et 2.0 addict… Vous pouvez nous retrouver sur Twitter, Instagram, Facebook, Snapchat… On est absolument partout. On dit qu’il faut pas être partout car pour être bon il faut se concentrer mais nous on se concentre sur les réseaux sociaux plus que sur la presse papier ou autre. On va à la rencontre de nos clients là où ils sont et c’est ce que permet cette digitalisation. Aujourd’hui, dans la mesure on comprend la culture, on peut toucher un client en Côte d’Ivoire aussi facilement qu’on touche un client à Paris ou en Asie et ça c’est formidable. Ce que je veux dire c’est qu’on peut s’adresser de manière plus directe à ses clients internationaux car à l’époque pour être présent en Côte d’Ivoire il fallait lancer une campagne d’affichage il fallait faire de la pub localement. Aujourd’hui, je peux faire de la pub en Côte d’Ivoire dépuis mes bureaux de Paris et c’est ça qui est formidable.

Qu’est ce que la réussite selon toi ?

La réussite appartient à chacun, chacun fixe son objectif. Ma première grosse réussite c’était de rendre fier mon papa, ce n’était pas de monter multinationale qui gagne des millions. C’était plutôt que mon père me regarde et me dise je suis fier de toi car c’est ce qui m’avait donné envie d’entreprendre. La réussite c’est très relatif. Chaque fois que je pense à mes parents je me dis que 1. je n’ai pas droit de me plaindre 2. j’ai  toutes les chances d’y arriver 3. Si mes parents ont réussi à faire ce qu’ils ont fait en partant d’aussi loin, alors moi je peux y arriver en partant de mon niveau. Je considère que je suis née avec une cuillère en argent dans la bouche par rapport à eux qui avait peut-être une cuillère en bois. Je me sers de ça, je puise dans l’histoire de mes parents au quotidien. De la force, de la détermination, de l’envie parce que je me dis c’est toujours plus dur pour d’autres. Quand on dit qu’on a froid, il y a des gens qui ont beaucoup plus froid que nous, quand on dit que c’est dur mais, il des gens pour qui c’est beaucoup plus difficile. Ce sont des valeurs qui m’ont été transmises par mes parents ; il ne faut pas se plaindre car il y a des gens qui sont dans les situations 10 fois plus compliquées. Pour moi c’est essentiel quand on est entrepreneur et on a tendance à se dire que c’est dur. Oui c’est dur mais on le savais avant de partir donc il faut assumer cette difficulté et encore une fois un entrepreneur c’est un sportif de haut  niveau.  Si c’est dur faut pas y aller, s’il n’y a pas d’enjeu il ne faut pas y aller ce n’est pas intéressant. Donc oui je me sers de l’histoire de mes parents pour puiser de la force et réaliser mes rêves.

De quelle(s) personne(s) t’inspires-tu ?

Mon père m’inspire, ma mère également. C’est vrai que je suis très proche de mon papa mais ma mère m’inspire également parce que 8 enfants et femme de ménage à côté c’est Waouh! Aujourd’hui avec deux enfants on est à la ramasse et encore j’en ai qu’un. Déjà avec une fille c’est beaucoup d’organisation donc oui ma mère est un modèle parce que cette femme qui savait ni lire et écrire qui a été mariée à l’âge de 13 ans est capable de convaincre n’importe qui, elle a de la conviction et elle m’inspire à travers ça. Mon père m’inspire parce que un entrepreneur c’est ça! C’est pas quelqu’un qui montre sa boîte, c’est quelqu’un qui décide de changer sa vie et c’est ce qu’il a fait. Quand on quitte tout son environnement, son entourage, sa culture alimentaire, ça culture tout court pour aller vers l’inconnu absolu. Quand on débarque dans un pays sans papier et devoir trouver un travail. Travailler toute une vie pour le SMIC sans jamais d’augmentation si ce n’est basée sur l’inflation encore une fois Waouh. Nourrir tous ses enfants qui ne manquent de rien, c’est super Je me souviens on était habillés comme les gamins de notre âge.. Donc si vous me demandez qui est mon héros : c’est mon père. C’est clair, c’est le boss!

Peux-tu nous résumer en une phrase ton parcours ?

C’est l’aventure d’une enfant qui est convaincue que le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt mais surtout à ceux qui le décident.

Souhaites-tu évoquer tes gros projets à venir ?

Mon gros projet c’est toujours ma boîte. C’est qu’elle se développe et qu’elle se pérennise, qu’elle continue à créer de l’emploi et à grandir. C’est un très gros projet et ensuite m’installer dans l’environnement audiovisuel mais uniquement à travers des projets qui me vont et qui me correspondent, qui me tiennent à cœur. Je ne ferai pas de la télé pour faire de la télé ça ne m’intéresse pas. Je ne ferai pas de la télé pour dire ce que les gens veulent entendre mais plutôt pour dire ce que j’ai à dire. Il faut que j’arrive à m’installer dans un environnement de télévision qui n’est pas facile.

 
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